Ni tout à fait même, ni tout à fait autre, 2018
L’exposition Ni tout à fait même, ni tout à fait autre réunit 3 œuvres réalisées entre 2015 et 2017. Les recherches récentes du collectif Béchard Hudon s’attardent au phénomène du temps à travers l’idée de la quatrième dimension et les géométries indéterminées. Ils s’intéressent à la topologie de l’espace perçu, réel ou virtuel qui façonne notre expérience du monde. Leurs explorations revisitent librement celles des pionniers de l’abstraction picturale (Malevitch, Mondrian et Kupka).
Oscillations du quotidien I est une installation cinétique et sonore constituée d’éléments aux formes géométriques simples, linéaires ou triangulaires qui sont actionnées au moyen de moteurs et tournent à des vitesses différentes. La surface de l’image change sans cesse de configuration et le territoire sonore résulte de la captation en temps réel des mouvements de moteurs et de leurs temps de rotation. L’œuvre cinétique murale Un dehors avec un dedans en dedans III est aussi composée de lignes et de figures géométriques qui se meuvent et se transforment à vue, créant ainsi de nouvelles topologies aux frontières incertaines suggérant une extrapolation des volumes qui se déploient sous nos yeux. La série de dessins L’invention des territoires 3,4,5,6 résulte de leur intérêt pour différents procédés de triangulation du territoire, dont celui utilisé dès le XVIe siècle pour mesurer la distance d’une ville à une autre au moyen de la géométrie des triangles. Ou encore, la méthode de triangulation par positionnement géographique avec satellites. En regard de ces réflexions, ils ont créé des topographies qui oscillent entre le céleste et le terrestre, rythmées par les lignes du temps. L’invention de territoires indéterminés ouvre la possibilité de nous dessaisir de notre manière habituelle de percevoir le temps et l’espace pour les ressaisir autrement.
Les œuvres de Béchard Hudon prennent forme dans une succession d’instants, nous rappelant le mouvement incessant de la vie à travers des phénomènes mécaniques simples. Nous sommes des êtres de temps et ce travail tente d’ouvrir sur une manière de percevoir le monde par la différence et les écarts qui s’inscrivent dans une continuité du temps. Un temps qui se construit dans les intervalles, entre ce qui est, ce qui n’est plus et ce
qui advient.



EXPOSITIONS — 2018 Ni tout à fait même, ni tout à fait autre, Maison de la culture Mont-Royal, Montréal (Québec) Canada (18 janvier au 25 février)
PÉRIODIQUES — 2018 DELGADO, Jérôme, « Géométries mouvantes », Le Devoir, Montréal, les samedi 17 et dimanche 18 février, p. 17