Paysages noctures et Traces vibratoires, 2022

Paysages noctures et Traces vibratoires, 2022

Paysages noctures et Traces vibratoires

Impression à jet d’encre sur papier Epson Enhanced matte
81,28 cm x 45,72 cm — 32 x 18 pouces

Depuis plusieurs années, nos travaux s’attardent à sonder les territoires et à observer les codes géométriques inhérents à l’espace construit par les humains et les non humains. Tous ces éléments influencent nos vies et définissent notre cadre spatial. Au cœur de ces environnements urbains et « naturels » se trouve un phénomène acoustique, celui de la résonance par vibrations de la matière en mouvement générée par nos activités quotidiennes, par les mouvements de la nature, ou encore par le monde animal. C’est dans cette perspective que nous auscultons la matérialité sonore d’architectures et de sols variés, ainsi que celle de milieux marins, afin d’ouvrir un intervalle d’attention sur ce qui bourdonne en permanence dans les épaisseurs du réel. Ces enjeux sont au centre de nos productions qui prennent la forme d’installations, de sculptures, d’œuvres sonores et de vidéos.

Dans le cadre de notre résidence de recherche et de création, nous avons poursuivi nos investigations autour des paysages sonores et visuels. À partir d’enregistrements sonores réalisés entre autres à Montréal, à Val-David et aux Îles-de-la-Madeleine, nous nous sommes attardés à rendre visibles les ondes acoustiques et les phénomènes vibratoires qui animent ces territoires. Une caméra de sentier infrarouge a été placée dans divers lieux, afin de photographier et filmer de manière furtive la faune et la flore, de jour comme de nuit. En travaillant avec la gravure au laser et différents procédés d’impression, nous donnons à voir les résultats de nos enquêtes de terrain. Par l’écoute de la biophonie et des résidus sonores du Capitalocène, ainsi que par l’observation d’écosystèmes variés, nous tentons de révéler ce que nous ignorons, ou oublions concernant les multiples manifestations du vivant et notre relation aux territoires.

RÉSIDENCE DE RECHERCHE ET CRÉATION À L’ATELIER DE L’ÎLE

ATELIER DE L’ÎLE, Val-David, Québec
25 avril au 1er mai 2022 — 18 au 31 juillet 2022

Enquête de terrain — 47° 22′ 60″ N, 61° 52′ 0″ O, 2022

Enquête de terrain — 47° 22′ 60″ N, 61° 52′ 0″ O, 2022

ENQUÊTE DE TERRAIN — 47° 22′ 60″ N, 61° 52′ 0″ O

RÉSIDENCE DE RECHERCHE ET CRÉATION AUX ÎLES-DE-LA-MADELEINE
Collaboration entre le centre d’artistes AdMare, la Société de conservation des Îles-de-la-Madeleine et la commissaire Josianne Poirier
Du 1er au 28 juin 2022

La pratique de Béchard Hudon conjugue l’art sonore, la vidéo et l’installation. L’un de leurs corpus d’œuvres le plus récents se penche sur la vibration acoustique d’environnements naturels et construits. À l’aide de géophones et d’hydrophones, les artistes captent ainsi des fréquences généralement imperceptibles à l’oreille, qui constituent par la suite la base de compositions sonores déployées au sein d’espaces sculpturaux. De la sorte, ils révèlent la résonance différenciée de milieux géologiques, marins et architecturaux variés, de même que celles des activités humaines et des phénomènes naturels qui animent le territoire.

Dans le cadre de sa résidence de recherche et de création, le duo mettra en valeur une dimension invisible des terres protégées par la Société de conservation des Îles-de-la-Madeleine, soit la mélodie produite par leur agitation interne. Par de multiples séances d’enregistrement sur les falaises, dans les dunes fixées, au cœur de la forêt ou en milieu humide, il dévoilera certaines propriétés matérielles et vivantes du sol. La rencontre entre des minéraux, des végétaux, des animaux humains et non humains, à chaque fois différente selon le moment de la journée et le lieu visité, générera certainement des paysages sonores des plus complexes. En parallèle de ces captations, les artistes comptent également explorer en image les sites naturels parcourus. Une caméra de sentier infrarouge déposée de manière intuitive et furtive leur permettra elle aussi de se laisser surprendre par une part insoupçonnée du quotidien des écosystèmes madelinots. — Josianne Poirier

ARPENTER L’ARCHIPEL

Arpenter l’archipel est un cycle de quatre résidences de recherche et de création qui se tiendra de juin 2022 à avril 2023, grâce à une collaboration entre le centre d’artistes AdMare, la Société de conservation des Îles-de-la-Madeleine (SCÎM) et la commissaire indépendante Josianne Poirier. Elle pilotera l’ensemble du cycle de résidences sur l’année à venir. Lors de leur séjour, les artistes invité·e·s interviendront in situ, c’est-à-dire sur un ou plusieurs des terrains préservés par la SCÎM. L’objectif consistera à travailler avec le territoire, ses histoires, ses écosystèmes et ses habitant·e·s, animaux humains et non humains.

Les principaux enjeux abordés par cette programmation concernent la propriété du sol et la légitimité de ses différents usages : Quelles activités sont permises ou contraintes en raison du statut légal des lieux? Qui peut s’y adonner et sous quelles conditions ? Le verbe « arpenter » réfère effectivement au fait de mesurer et de circonscrire des lots, une opération nécessaire à la circulation des titres de propriété, mais aussi à l’action de parcourir et d’explorer le territoire. À chacune des saisons, les artistes visiteront des sites aux caractéristiques vivantes et matérielles très variées : dunes fixées, marais, boisés, falaises, etc. Les œuvres qui naîtront de ces pérégrinations mobiliseront une diversité de médiums et d’approches qui vont de la performance à la photographie en passant par l’art sonore et l’installation. Elles dialogueront chacune à leur manière avec l’incommensurable richesse naturelle des Îles-de-la-Madeleine.

Durant Arpenter l’archipel, les artistes Béchard Hudon (juin 2022), Laurence Beaudoin Morin (octobre 2022), Alphiya Joncas (janvier 2023), et Richard Ibghy & Marilou Lemmens (avril 2023) esquisseront de nouveaux rapports à cette surface qui nous porte. Un rappel sensible que le sol, après tout, dessine un horizon commun. — Josianne Poirier

Josianne Poirier oriente principalement ses recherches vers les pratiques artistiques dans les espaces publics, le façonnement du paysage et les politiques culturelles municipales. Sa thèse de doctorat en histoire de l’art, qui portait sur la fantasmagorie des lumières de la ville, a remporté le prix Jean-Pierre-Collin 2018 du réseau Villes Régions Monde. Sur le même sujet, elle a publié en février 2022 l’essai Montréal fantasmagorique : ou la part d’ombre des animations lumineuses urbaines aux éditions Lux. Josianne est chargée de cours à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université de Montréal, où son enseignement se préoccupe également de la production de l’espace et des formes du vivre-ensemble. Elle a siégé plusieurs années à titre d’experte et de spécialiste en arts visuels pour la politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement du gouvernement du Québec.

Photos

Antonin Monmart