La singualrité du banal / The Uniqueness of the Mundane, 2018

La singularité du banal, 2018

Projet présenté à La Triennale Banlieue : Là où se prépare le futur à la Maison des arts de Laval. Commissaires : Julie Alary Lavallée, Jasmine Colizza, Nicole Thibault.

Installation sonore
Aluminium, porte en bois, tôle ondulée, plexiglass, porte de douche en verre, néons, bois, transducteurs, amplificateurs, carte son, ordinateur, capteur infrarouge, électronique
219,71 x 181,61 x 154,94 cm

La banlieue contemporaine n’aurait pu se développer sans la voiture et l’industrialisation de l’après-guerre. Elle est reliée à la ville par un réseau d’autoroutes et de ponts agissant comme interfaces entre un temps privé et un temps collectif de travail. Cet espace-banlieue projetant l’image d’un cadre de vie idéal, hors de la ville dans la quiétude d’un environnement plus paisible et abordable, oblige en retour la société à produire de plus en plus de voitures, de routes, d’échangeurs routiers et de ponts. Cette mobilité motorisée produit un halo sonore présent, normalisé, sourd et riche en basses fréquences qui teinte notre écoute et modifie notre interaction avec l’environnement puisque l’écoute est un point de contact avec le monde extérieur. Au coeur de ce paysage anthropisé se trouve un phénomène acoustique imperceptible, celui de la résonance par vibrations de la matière en mouvement générée par ces espaces de transition motorisés. Lorsque l’on dépose notre oreille sur les parois de béton ou sur les structures de métal des ponts et des échangeurs, elles deviennent d’immenses instruments sonores jouées par les automobilistes et les passants à leur insu. Notre intérêt est d’ausculter les sonorités de ces lieux de transition, afin d’ouvrir un intervalle d’attention sur une réalité sonore partiellement imperceptible.

La singularité du banal explore le langage sonore imperceptible, fugitif et aléatoire de ces espaces intermédiaires que sont les ponts, les tunnels et les échangeurs routiers. À l’aide de microcontacts placés sur leurs structures, nous enregistrons les vibrations inaudibles induites par le déplacement des voitures. Ces lieux de transition ont des empreintes acoustiques spécifiques inhérentes à leurs surfaces, à leurs matérialités et leurs résonances fluctuent, selon l’intensité du trafic routier. À travers ces dispositifs routiers, il se détache des entre-espaces sonores insoupçonnés qui activent ou redéfinissent notre perception acoustique de ces architectures. Une volonté d’être à l’écoute des réalités sonores distinctes de notre monde matériel permet de dégager une expérience singulière de l’apparente banalité acoustique de ces milieux transitionnels.

La singularité du banal est une installation sonore réalisée avec des matériaux qui proviennent de l’architecture domestique : porte en bois, cadre de métal, tôle ondulée, porte de douche en verre et Plexiglass. L’organisation formelle des surfaces de bois et de métal propose une géométrie aux qualités minimalistes qui sont en relation harmonique avec le segment audio de l’oeuvre puisque la composition sonore est émise par des transducteurs tactiles amplifiés et fixés derrière les éléments architecturaux. Les surfaces mises en vibrations agissent comme diffuseurs et le résultat sonore est teinté par leurs matérialités. Il s’agit de [re]jouer les sources sonores enregistrées et recomposées des infrastructures routières, en les mettant en résonance à l’intérieur d’une autre structure spatiale, sculpturale. Nous entendons un micromonde acoustique composé de bruits délicats, de bourdonnements et de tonalités variées oscillants sur l’ensemble de l’installation où il n’y a ni début ni fin. Notre volonté est de solliciter une attention particulière aux temporalités alternatives des oscillations de la matière et de donner à entendre une cosmologie sonore, un système de vibrations complexe autorégulé par l’industrialisation et l’expansion des zones habitables.

Exposition

Collective
2018 Triennale Banlieue! Là où se prépare le futur, Maison des arts de Laval, Laval (QC) Canada (du 29 juillet au 4 novembre)

Couvertures médiatiques

2018 SIROIS-ROULEAU, Dominique, « Triennale Banlieue!, Salle Alfred-Pellan, Maison des arts de Laval », Esse, publié en ligne le 24 octobre
2018 MERCILLE, Charlotte, « Triennale Banlieue : vers la terre promise », Signé Laval, publié en ligne le 22 octobre
2018 CLÉMENT, Éric, « Triennale Banlieue! La banlieue passée au crible », La Presse +, Montréal, édition du 18 août, section ARTS, écran 12, (Version PDF)
2018 LEBLANC, Benoit, « L’exposition «Banlieue» devient Triennale », Courrier de Laval, 15 août
2018 SABET, Aseman, « Les incontournables du mois d’août en arts visuels », Chronique radio à l’émission Nouvelle vague, Ici Radio Canada, 1 août

Résidence de production sonore

Avatar, Québec (QC) Canada

Supports financier

La Maison des arts de Laval et Avatar

The Uniqueness of the Mundane, 2018

Sound Installation
Aluminum, wooden door, corrugated iron, plexiglass, glass shower door, neon lights, wood, transducers, amplifiers, sound card, computer, infrared sensor,electronic
86 1/2 x 71 1/2 x 61″

Exhibition

Group Exhibition
2018 Triennale Banlieue! Là où se prépare le futur, Maison des arts de Laval, Laval(QC) Canada (from July 29 to November 4)

Reviews

2018 SIROIS-ROULEAU, Dominique, « Triennale Banlieue!, Salle Alfred-Pellan, Maison des arts de Laval », Esse, publish online October 24
2018 MERCILLE, Charlotte, « Triennale Banlieue : vers la terre promise », Signé Laval, publish online October 22
2018 CLÉMENT, Éric, « Triennale Banlieue! La banlieue passée au crible », La Presse +, Montréal, édition du 18 août, section ARTS, écran 12, (Version PDF)
2018 LEBLANC, Benoit, « L’exposition «Banlieue» devient Triennale », Courrier de Laval, 15 août
2018 SABET, Aseman, « Les incontournables du mois d’août en arts visuels », Chronique radio à l’émission Nouvelle vague, Ici Radio Canada, 1 août

Sound Production Residency

Avatar, Quebec City (QC) Canada

Financial supports

La Maison des arts de Laval and Avatar